Habitats autogérés et Logements sociaux, coopératives, etc..

Publié le par Mae Bat

Il serait sans doute catastrophique d'abandonner la revendication de logements sociaux voir de réquisition des logements laissés vacants pour une problématique le plus souvent spéculative de développement d'habitats autogérés. On voit ainsi au Québec coexister ces deux mouvements d'importance.

Ceux qui à la fin des années soixante expérimentèrent des formes d'habitats communautaires savent combien les plus belles idées peuvent échouer dans un cadre malheureusement rendu trop contraignant par l'environnement pour permettre une souplesse suffisante de la structure et préserver la mobilité des acteurs.

Pour autant, parce que ces formes coopératives - expression que nous préférerons à autogérées qui pour nous implique une dimension politique forte - sont autant d'efforts conduisant à une contestation de la logique libérale(a) elles paraissent aujourd'hui contribuer au mouvement de révolution sociale et démocratique, si toutefois nous acceptons l'idée que celle-ci ne peut en aucun cas résulter d'un coup d'état. M.B.

 

(a) Contestation de la logique libérale mais donc pas nécessairement de la logique marchande, ou capitaliste - De plus l'article sans s'étendre davantage sur cet aspect du sujet souligne aussi dans ces projets des formes communautaires ou individuelles de propriété des logements, ou encore de locations .. (Archéo. commentaire grognon)

 

Nb. Pour son numéro d'été le magazine "Alternatives économiques" qui souligne que les 2000 Scop existantes emploient 40.000 personnes consacre un long article sur deux pages à "ACOME" une coopérative spécialisée dans le câble.

 

BERLIN. Le Mietshäuser Syndikat, syndicat des maisons en location, s’est créé au début des années 1990. L’organisation regroupe aujourd’hui plus de 50 projets, soit environ 1.200 habitants. Une vingtaine d’autres est en cours.

Le principe ? Chaque groupe d’habitants forme une société à responsabilité limitée (SARL) indépendante, propriétaire de l’immeuble. Ils louent ensuite leur logement à cette société, aussi longtemps qu’ils le veulent. La SARL ne peut pas expulser ses locataires. Ces sociétés ont chacune deux associés : l’association des habitants de l’immeuble et le Mietshäuser Syndikat. Cette structure permet une autogestion quasi-totale des maisons. Le syndicat ne s’en mêle que sur un point : la propriété. « Le principe est de retirer les immeubles du marché immobilier, explique Julian Benz, conseiller bénévole pour le syndicat à Berlin. Les maisons ne peuvent pas être vendues, même si tous les habitants le souhaitent. Le syndicat a droit de veto sur cette question. » ...

L’une des SARL membres a fait faillite l’année dernière, la première fois depuis 20 ans d’existence. Le bâtiment était classé monument historique. « Les coûts de rénovation ont augmenté largement au-delà de ce qui était viable », souligne Julian Benz. Or, un projet en dépôt de bilan, c’est un immeuble revendu aux enchères judiciaires, des habitants sans logement, et, sur ce cas-là, quelques centaines de milliers d’euros de crédits directs envolés. « Nous allons essayer de rembourser les créditeurs grâce au fond de transfert solidaire, mais nous ne pouvons pas le garantir », insiste le bénévole. ...

Nous avons d’abord mis au clair nos principes de vie en commun, raconte le jeune homme. Ensuite, nous les avons traduits en architecture. » « Au début, le groupe avait une vision très radicale de la communauté, relève Oliver Clemens. Par exemple, il voulait une seule grande cuisine. Finalement, il est apparu qu’il fallait un peu de hiérarchie dans le bâtiment. Nous avons opté pour une grande et quatre petites cuisines, pour les mangeurs de viande, les chats, les fumeurs, et pour se retrouver avec quelques amis. » L’immeuble, qui s’étend sur deux étages et des combles aménagés, comptera aussi quatre salles de bains et une petite bibliothèque. Toutes les pièces hors parties communes auront la même taille : 16 m2. « C’est petit, mais au total, la surface par habitant sera de 37 m2 », détaille l’architecte.

Les pièces des combles, une grande salle, un bar, voire un atelier, seront ouvertes au public pour des manifestations associatives. ...

Un peu plus au sud de la ville, au bord de la Spree, la rivière qui traverse la capitale allemande, un autre projet de construction coopérative se prépare. Trois bâtiments devraient s’élever dans deux ans entre un ancien bâtiment industriel et un nouvel immeuble de bureaux, en plein centre de Berlin. Ils abriteront l’équivalent de 60 logements. La construction coûte deux fois plus cher que pour le projet du Mietshäuser Syndikat, soit 2.000 euros/m2. Mais 80% des membres de la coopérative financeront, avec leur apport, 12 appartements réservés à des locataires sans capital. Ceux-ci devront juste participer à hauteur de 1.000 euros. Ils jouiront cependant du même droit de bail à vie que leurs voisins, qu’ils pourront également transmettre à leurs enfants. Ils profiteront aussi du même droit de vote, soit une voix par habitant, quels que soient la taille de l’appartement ou le montant de l’apport personnel, comme c’est la règle dans une coopérative." Rachel Knaebel - BASTA 21/07/2011 extraits

   
  Une présentation plus exhaustive des mouvements français (Castor, ..) sur "Pour l'économie sociale".

Publié dans Coopératives

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