Proudhon, des Coopératives à la Charte de la Havane (Respublica)

Publié le par Mae Bat

 

Voilà quelques extraits d'un article de Nicolas Pomiès que je ne pourrais que trop vous inviter à lire en totalité. On ne se privera pas de polémiquer avec l'auteur sur la fin du mythe révolutionnaire et l'intérêt de l'article est de donner nombre des éléments d'un débat autour duquel est constitué l'expérience de notre blog. Mais son intérêt est encore d'inscrire ce débat dans l'actualité politique de notre temps en abordant la Charte de la Havane, également citée par le M'Pep, et de nous en présenter les grands axes pour une réforme du capitalisme dont Pomiès a préalablement montré l'urgence. 

Les extraits publiés ici concernent également Proudhon et le mouvement des coopératives, une excellente introduction à un dossier qui restait à ouvrir sur "Autogestion MD". M.B. 

 

" [...] La polémique entre Marx et Proudhon résonne encore aujourd’hui comme elle accompagné toute l’histoire du mouvement anticapitaliste ou alternatif au cours du XX ieme siècle.

On retrouve toujours d’un coté les adeptes de la révolution politique s’interdisant la réalisation d’utopie concrètes jugées par eux comme accompagnant le système et de l’autre  les artisans d’expériences de tentatives de  prise en main démocratique de l’économie par les producteurs par eux-mêmes.

" [...] Dans Les socialistes français et le mythe révolutionnaire, publié en 1998, Jacques Moreau explique que le mouvement socialiste est partagé dès la fin du XIXe siècle, entre une identité militante forgée dans le mythe de la révolution et la rupture avec le capitalisme et une identité politique s’appuyant sur des pratiques réformistes de changement social et s’articulant nécessairement avec le capitalisme. Cette double identité était, montre-t-il, nécessaire pour réussir à mobiliser et prétendre gouverner. C’est cette dualité qui s’efface aujourd’hui avec le recul de la croyance dans les vertus de l’Etat prolétarien et de l’efficacité de la révolution. Dès lors, l’économie sociale retrouve son actualité et sa pertinence.

Les coopératives  sont des entités économiques fondées sur le principe de la coopération. Elle ont pour objectif de servir au mieux les intérêts économiques de leurs participants (sociétaires ou adhérents). Elle se distingue en cela de l’association à but non lucratif dont le but est moins lié aux activités économiques et de la société commerciale qui établit une distinction entre ses associés et ses clients ou usagers.

" [...]  Alors me direz-vous pourquoi le capitalisme n’est il pas aboli ?

Les COOP ont été désertées au profit des Carrefour et autre Auchan. Les mutuelles perdent chaque année des adhérents qui vont s’affilier à un Institut de prévoyance dirigé pourquoi pas par un responsable du MEDEF frère de Sarkozy. Les banques financières comme la Société Générale continuent à ‘avoir autant de clients…

Pourquoi cette formidable opportunité démocratique n’est elle pas plus investie  et utilisée ?

 

 

" [...] Cependant la démocratisation économique ne vaut alternative que dans un cadre politique plus large aménageant le marché, c’est à dire rompant avec le libre-échangisme et la compétition généralisée.

Une charte de La Havane a été négociée au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Cette charte prévoyait la création d’une Organisation internationale du commerce (OIC) totalement intégrée à l’ONU.  Cette charte est signée le 24 mars 1948 mais elle n’est pas ratifiée par le congrès américain (changement de majorité entre temps).
Cette charte abandonnée sera remplacée par la création de l’OMC (Organisation mondiale du commerce).
Dans son principe la Charte de La Havane s’opposait totalement aux principes du libre échange de l’actuel OMC: elle proposait une approche très différente des conceptions actuelles du commerce international, le développement de chaque pays étant fondé sur la coopération et non sur la concurrence.

Cette Charte proposait entre autre :

  • L’intégration du plein emploi dans ses objectifs « Atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement. » (article 1)
  • De favoriser la coopération « les États membres coopéreront entre eux, avec le Conseil économique et social des Nations unies, avec l’OIT, ainsi qu’avec les autres organisations intergouvernementales compétentes, en vue de faciliter et de favoriser le développement industriel et le développement économique général ainsi que la reconstruction des pays dont l’économie a été dévastée par la guerre. » (article 10)
  • Des accords préférentiels sont possibles dans un cadre coopératif: « les États membres reconnaissent que des circonstances spéciales, notamment le besoin de développement économique ou de reconstruction, peuvent justifier la conclusion de nouveaux accords préférentiels entre deux ou plusieurs pays, en considération des programmes de développement économique ou de reconstruction d’un ou de plusieurs d’entre eux. » (article 15)
  • L’interdiction du dumping:  (article 26)

Ainsi la coopération et  le mutualisme, tant au niveau local par l’apprentissage démocratique de la gestion de la production, qu’au niveau global par une révolution complète des échanges économiques sont bien des alternatives au capitalisme. Il faut savoir mener de front ces deux niveaux d’investissement militant et de comportement de consommation pour entrevoir les seules alternatives au marché et au salariat."

 

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Publié dans Coopératives

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