Algérie, les français de l'indépendance (1962) - les pieds rouges.

Publié le par Mae Bat

"Les révolutions sont des affaires trop sérieuses pour être abandonnées entre les mains des révolutionnaires professionnels"  Mae BAT (Oeuvres Complètes)
 

Recherchant dans ma bibliothèque, sur le Web et en librairie quelques titres permettant d'alimenter notre réflexion sur l'autogestion en Algérie j'ai donc trouvé en librairie cet ouvrage un peu à contre-temps de l'actualité éditoriale et plus encore de l'actualité politique,actualité faite des sombres menaces de l'Otan sur les pays du Maghreb.

Nous retrouvons dans le livre de Catherine Simon un peu de l'ambiance "anti-impérialiste" qui marquait cette époque nourrie d'illusions sur les "révolutions" chinoise ou cubaine. Mais en allant plus avant dans l'analyse, l'exemple algérien n'apparait en rien différent de la révolution bolchevique, très vite l'Etat se retourne contre la révolution comme nous le montre ce livre à propos de la répression en Kabylie (FFS), du coup de force contre le congès de l'UGTA ou encore contre le mouvement des femmes après la manifestation du 8 mars 1965 à Alger. Evènements qui précèdent le coup d'état de Boumédienne tout comme l'adoption d'une constitution arabo-musulmane qui renforcait nombre de discriminations.

En réalité l'autogestion apparait, au dire de l'auteur, davantage comme une réponse des salariés agricoles ou industriels à l'abandon des biens coloniaux et à l'insuffisance de l'Etat que comme le résultat d'une volonté politique du gouvernement Ben Bella-Boumedienne qui s'accommode tout autant de l'appropriation des logements vacants par la force ou l'intimidation des fonctionnaires civils ou militaires.

Si les luttes armées entre clans pour le pouvoir mobilisent les énergies et "l'intelligence" du gouvernement - le droit à l'opposition politique est rapidement dénié (arrestation de Boudiaf), comme déjà dans les maquis -, l'état sanitaire, mais encore du "système éducatif", laissé par l'administration coloniale est catastrophique (80% de la population est analphabète) - et le manque de cadres indigènes sera la raison essentielle de la venue de coopérants de toutes nationalités, des pays de l'Est, de Cuba aussi bien que de France, parfois déserteurs ou démobilisés, anti-colonialistes. C'est à travers leur histoire, complétée de quelques biographies précieuses, que nous découvrons ces évènements. Une histoire qui pour beaucoup s'achèvera par la fuite et .. le silence.

Mais c'est sur la situation dramatique faite aux femmes que je concluerais cette courte présentation ; le coup d'état de Boumedienne annonce officiellement la fin des timides avancées de l'indépendance et le rétablissement du pouvoir des hommes qui se manifestera par la multiplication des cas de répudiation. Il semble donc bien que la manifestation féministe du 8 Mars ait été un facteur accélérateur du coup d'état militaire tout comme les accords entre Ben Bella et le FFS.

Aussi tragiques que furent ces évènements, et je pense aussi à la mort des nombreux harkis abandonnés par notre gouvernement, aux partisans de Messali égorgés, morts évoquées ici, ce livre se lit avec intérêt et cela sans doute grâce au talent de la journaliste et ancienne correspondante du "Monde" en Algérie, Catherine Simon.             

 

L'Algérie Indépendance et Autogestion.

(article en préparation)

 
".. Deux ans plus tard, en 1964, c'est une lycéenne d'Alger qui crie sa "révolte' devant le sort fait à l'une de ses amies, "mariée de force" par sa famille : "Nous faisions tant de projets d'avenir pour notre pays .. Nos parents ne comprennent ils pas que nous, les femmes, nous avons une personnalité, une âme, qui doit être respectées comme le sont les hommes ? (...) Si on continue à nous exploiter commedes marchandises, conclut-elle, l'Algérie n'avancera pas, car l'émancipation de la femme veut dire progrès, avenir et bonheur du pays. .." (p.90) 
 

"On a eu le cas d'une élève qui s'était jetée du troisième étage, pour ne pas être mariée contre sa volonté" .. Ce genre de drame n'est pas nouveau. Mais il a pris de l'importance depuis l'indépendance, les cas se multiplient .. Dans "La femme algérienne", Fadéla M'Rabet indique qu'en 1964, dans laseule ville d'Alger, 175 jeunes filles rebelles au mariage forcé se sont suicidées..." (p.159) 

 

 

Simon les annees pieds rouges

"Que s'est-il passé après l'indépendance de l'Algérie en 1962 . A quoi ressemblait le pays au sortir de la guerre, une fois disparus les bateaux des pieds-noirs, une fois l'improbable tandem Ahmed Ben Bella/Houari Boumedienne installé au pouvoir ? Quelles ont été les espérances de ces années-là, qui résonnaient des mots de révolution, de socialisme, d'autogestion ? En quoi éclairent-elles le destin de l'Algérie et de ses relations avec la France ? Fort mal connue, cette période est pour la première fois retracée dans ce livre, à travers la mémoire vive d'étrangers "amis de l'Algérie nouvelle", français le plus souvent.

... Le coup d'Etat de Boumedienne, le 19 Juin 1965, allait signer la fin d'un cycle. .." 

   

Algérie,

le pétrole ..      

"Le pétrole algérien fut découvert en pleine période coloniale. En effet, il y a exactement 55 ans, les pétroliers français découvrirent le gisement d’Edjeleh, à la frontière orientale de l’Algérie avec la Libye. Cette découverte changea du coup entièrement la donne. Elle prolongea, par conséquent, la guerre d’Algérie de six longues années. Car les enjeux énergétiques furent primordiaux. En effet, selon les prévisions françaises, la métropole n’aurait eu à apporter que 60% de sa consommation énergétique en 1960, alors qu’elle était quasi-totale en 1956. Du coup, un homme fut désigné, Pierre Guillaumat en l’occurrence, pour prendre en charge cette question névralgique. Cité par Hocine Malti, Pierre Guillaumat aurait annoncé qu’ «il fallait tout faire pour garantir l’indépendance énergétique de la France. Alors, maintenant que le pétrole était là, et en abondance, on n’allait quand même pas perdre le Sahara! A défaut de garder l’Algérie française, il fallait faire en sorte que le pétrole le soit.» Blog La Démocratie en Algérie 

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