Vivre et travailler au pays - Conflit à La Réunion (Centrale thermique EDF)

Publié le par Mae Bat

Vivre et travailler au pays n'est pas seulement vrai pour les ouvriers de PSA Aulnay menacé par la délocalisation de leur entreprise ou plus modestement pour les ouvriers de Venilia [Veninov] à Vénissieux (Rhône) c'est également vrai pour les travailleurs de l'île de La Réunion.

Rien ne permet mieux de comprendre la difficulté d'ouvriers confrontés à l'ouverture du marché du travail à l'immigration que cette situation insulaire sans qu'il soit possible de taxer nos amis réunionnais de racisme ou de xénophobie - en tout cas pour ceux qui connaissent d'une manière ou d'une autre cette population, cette immigration "intérieure" étant par ailleurs constituée d'ouvriers métropolitains.

Sans doute la condition ouvrière ne permet elle pas d'adhérer aux récents conseils de l'Intersyndicale en faveur de l'ouverture des frontières à une immigration incontrôlée, mais les fonctionnaires syndicaux vivent sur une autre planête ..

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".. Les syndicats avaient prévenu qu’ils allaient se mobiliser. Ils l’ont fait. Près de 200 manifestants se sont réunis devant la Centrale thermique du Port où 150 à 300 travailleurs européens sont en poste depuis un an et demi. Une véritable « provocation » pour Pierre Savigny, représentant de la CFDT-BTP, « alors que le taux de chômage à La Réunion est au plus haut ». « Nous ne protestons pas contre les travailleurs européens, mais pour l’embauche de travailleurs réunionnais », insiste Jacky Balmine, qui tient à ce « qu’on ne se trompe pas d’ennemi ». « Notre ennemi, c’est le patronat qui pratique du dumping social à La Réunion », précise-t-il. 

Selon un cadre d’EDF, 93% des ouvriers travaillant sur ce chantier sont des Réunionnais. « Les 7% qui restent sont des ouvriers européens qui exercent des compétences qui n’existent pas à La Réunion », explique-t-il. « Les travailleurs réunionnais sont aussi compétents que les autres. Ils ont juste besoin d’être formés », rétorque Pierre Savigny. Jacky Balmine va plus loin : « Nous avons appris ce matin qu’une entreprise italienne allait venir sur l’île pour effectuer les travaux de peinture. Nous sommes à la limite de l’insulte. Cela veut dire qu’un travailleur réunionnais n’est pas capable de tenir un pinceau », s’insurge-t-il. 

Les syndicats dénoncent également les conditions de travail de ces ouvriers européens. Ces derniers travailleraient près de 60 heures par semaine. « Les travailleurs qui sont là ne sont pas étrangers. Ils sont Européens. A ce titre, nous exigeons que la réglementation européenne s’applique à ces ouvriers, comme elle s’applique à nous », commente Jacky Balmine. « Si on les faisait travailler 35 heures par semaine, des postes seraient libérés au profit des Réunionnais », propose le représentant de la CGTR.
.." Le 10 Aout 2011 -à suivre-

"TEMOIGNAGES"

DEBATTRE  

 

PROGRAMME du PARTI COMMUNISTE FRANCAIS (1971) 

"Le nombre de travailleurs immigrés accueillies en France chaque année sera déterminé par le plan démocratique. Les demandes de main d’œuvre immigrée seront adressées par les employeurs à l’Agence Nationale pour l’emploi qui aura seule la responsabilité du recrutement des travailleurs immigrés sur la base de contrats de travail. Auprès de la direction de l’agence, un organisme qualifié réunira les délégués des travailleurs français et immigrés désignés par les centrales syndicales aux cotés des représentants de l’état et des industries concernées. Les travailleurs immigrés bénéficieront d’un statut qui définira et garantira leurs droits politiques, sociaux, syndicaux, d’association et la liberté de presse. Ils auront les mêmes droits que les travailleurs français. Leur alphabétisation éventuelle sera assurée gratuitement. Toute discrimination frappant les jeunes, les femmes, les travailleurs âgés, les travailleurs immigrés ou quelques salariés que ce soit, sera réprimée."

Source PCF Section de Vénissieux

Publié dans Mouvements sociaux

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