Violence au travail. Intox et communication chez France Telecom.

Publié le par Mae Bat

TENDANCE.

Notre méfiance à l'égard des négociations sur "la prévention du stress" pouvait apparaître excessive à certains, France Telecom vient nous montrer quel sérieux un grand groupe industriel apporte à la solution d'un problème dramatique, celui d'une cinquantaine de suicides en deux ans.

Ce "fait de presse" est d'autant plus éclairant qu'il met en valeur un membre de l'oligarchie politique, ancien ministre de la Culture, que l'on devrait pouvoir crédité d'une certaine "hauteur de vue". A l'évidence il n'en est rien et l'oligarchie, à quelque poste qu'elle exerce, reste le commensal du Medef.

Mais allons plus avant - et l'on comprend la réaction des syndicats - car ce "fait de presse" constitue en lui-même une nouvelle violence faite aux salariés et comme la preuve administrée que décidément rien ne change quelque accord signé.

Le titre du Figaro qui essaye par ailleurs d'exonérer la responsabilité des dirigeants de France Télécom, mettant en exergue la salariée placée sous l'autorité de Christine Albanel, ne fait à son tour qu'actionner une grosse ficelle, la propagande prend encore le pas sur l'information. Pour un peu l'on pourrait lire dans ce titre la responsabilité des "syndicats de salariés", mais vous penserez peut être que j'exagère.

Voilà une brillante illustration des relations sociales dans l'entreprise à l'époque du libéralisme et l'évidence que ni le "contrôle ouvrier" ni l'autogestion ne sont des utopies, mais d'urgentes nécessités

 

France Télécom :

 

les syndicats choqués par une

 

 

salariée.

Les syndicats réclament la démission de Christine Albanel, chargée de la communication externe de France Télécom, après qu'une de ses subalternes a dépeint un climat social idyllique au sein du groupe.

Les syndicats de France Télécom sont sous le choc. Interrogée par le journal gratuit Métro, une salariée de France Télécom, Louisa Amara, s'est montrée très élogieuse sur le climat social du groupe. Ayant travaillé, selon France Télécom, pendant dix ans comme téléconseillère à temps partiel - une fonction que la jeune femme ne précise pas dans son profil LinkedIn -, Louisa Amara a rejoint depuis six mois la communication externe de l'entreprise. Un service chapeauté par Christine Albanel, ancienne ministre de la Culture et de la Communication de mai 2007 à juin 2009. «C'est une manipulation, affirme Sébastien Crozier, élu de la CFE CFC/Unsa. Nous demandons la démission de Christine Albanel».

Dans cette interview publiée lundi dernier, Louisa Amara affirme que le groupe «n'est plus dans l'ambiance morose que l'on connaissait. Depuis un an, il existe une écoute beaucoup plus active». Elle évoque également une plus grande «tolérance» pour les retards «notamment pour les jeunes mamans». Un discours qui tranche avec l'actualité récente du groupe. Il y a deux mois, un salarié de France Télécom, âgé de 57 ans, a mis fin à ses jours en s'immolant. Un nouveau suicide qui est venu s'ajouter à la cinquantaine à laquelle le groupe a dû faire face entre 2008 et 2010.

La direction du groupe a dit regretter «la confusion créée par ce témoignage», mais insiste sur le fait que la journaliste du Métro «a bien sûr été très clairement prévenue avant l'interview des nouvelles fonctions que Louisa occupe depuis six mois». Et d'ajouter : «cela rend son témoignage parfaitement valable». Du côté de la rédaction du journal, on se défend d'avoir provoqué volontairement un malaise. Pour le quotidien, il s'agit «d'une erreur absolument involontaire, par omission et qu'à aucun moment on ne dit qu'elle est actuellement employée au sein du centre d'appels».

[LeFigaro.fr - Guillaume Errard, 2 Juillet 2011]

 

. Prévention du stress et accords d'entreprise (Santé & Travail)

. Travail & risques psychosociaux - I. Yves Clot (2010) - maj 23/03

Publié dans Tendances France

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