Une lettre de Mme S... victime du sénateur-maire socialiste J. Mahéas (agression sexuelle)

Publié le par Mae Bat

La double peine pour les victimes. 

Les moeurs de l'oligarchie politique, qu'elle soit comme ici "socialiste" ou libérale dans le cas de Georges Tron, ancien secrétaire d'Etat à la fonction publique de Sarkozy, peuvent surprendre mais elles illustrent le mépris dans lequel cette caste tient le petit peuple ici à Neuilliy-sur-Marne comme ailleurs à Manhattan.

Ce dont témoigne Madame S... c'est la violence de l'agression mais encore des menaces et des intimidations qui font que la victime doit perdre son emploi et connaitre une vie précaire - pour elle et sa famille la double peine tandis que l'agresseur, délinquant sexuel condamné, poursuit sa carrière de sénateur-maire - même si il a du démissionner d'un Parti socialiste incapable donc de le sanctionner en temps utile, c'est à dire depuis le dépôt de plainte en 2004 (!).

Si il y a complot, c'est un complot du silence qui necessite ainsi quelques complicités.

 

6 Avril 2011.

Mesdames et Messieurs du Parti Socialiste,

Je m’appelle MS, seule la peur m’empêche de venir m’exprimer de vive voix.

J’ai été victime d’agressions sexuelles par un élu de votre parti : Monsieur Jacques Mahéas, sénateur-maire de Neuilly-sur-Marne et qui était à l’époque mon employeur, j’étais la gardienne de la mairie dans laquelle j’occupais un logement de fonction.

Suite au dépôt de plainte en 2004, avec une collègue elle aussi victime des agissements de Monsieur Mahéas, j’ai subi beaucoup de pressions ainsi que des menaces. Ne me sentant plus en sécurité, j’ai été contrainte de prendre une retraite anticipée de la mairie et de quitter la région parisienne.

La procédure a duré 5 ans ; à l’issue de quoi, la justice a reconnu M. M coupable d’agressions sexuelles à mon encontre.

Aujourd’hui, ma carrière ayant été interrompue par les violences dont j’ai été l’objet, je vis dans une situation financière précaire : 900 euros de retraite, pour élever une enfant de 17 ans qui aimerait suivre ses études, avec un dossier de surendettement à la Banque de France.

Monsieur Mahéas, l’agresseur, occupe lui toujours ses fonctions de maire et de sénateur et il est toujours membre du Parti Socialiste ! Sa condamnation pour agressions sexuelles n’a eu aucune incidence sur son mode de vie !

Vous dites vouloir défendre la cause des femmes ! Que pensez-vous de votre collègue qui pour tenter de me faire taire, a usé de son pouvoir, m’a accusé d’en vouloir a sa carrière politique ? (alors que j ai eu la carte du PS et que j ai voté pour lui, que j ai contribué à la mise en place de la fête de la rose etc...) ?

Qu’envisagez-vous de faire pour défendre les femmes ? Avez-vous une solution pour m’aider à ce jour, après mon parcours judiciaire ? Allez-vous m’aider à vivre décemment ? Est ce que le parti socialiste va "réparer" les graves fautes de cet élu ? Qui va subvenir aux besoins de ma fille pour ses études ? Croyez vous que je peux oublier ce qu’il m’a fait ? Savez-vous comment une femme "vit" après une agression ?

Allez vous défendre les femmes, leur permettre de dénoncer ce type d’agressions quel que soit l’auteur de ces violences ? Et même si c’est l’un des vôtres ? Allez-vous continuer, en ne vous désolidarisant pas publiquement et officiellement de lui, à cautionner ses agissements ?

J’aurais aimé venir en parler "librement" et sans crainte avec vous mais malheureusement je n’ai pas oublié non plus les menaces qui m’ont été faites. J’aurais aimé savoir ce que vous proposez vous en tant que socialistes pour permettre aux femmes de dénoncer toutes les violences dont elles sont victimes. J’aurais aimé vous dire à quel point un tel séminaire sur l’égalité femmes/hommes, organisé au siège de votre parti, peut me faire à nouveau violence, alors qu’à aucun moment vous ne vous êtes préoccupés de ma situation ni n’avez politiquement sanctionné Jacques Mahéas. 

Mme S.

  Source : "Divergences"

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