Syndicalisme et mouvement social en Egypte (Printemps Arabe)

Publié le par Mae Bat

TENDANCE.

Il y aurait bien des commentaires désagréables à faire sur le 1° Mai de nos Confédérations syndicales à un an de l'élection présidentielle française et à quelques mois passés du mouvement social des retraites, mais que dire de plus que ce que le taux de syndicalisation nous apprend déjà. Là comme aux élections la vérité est à chercher dans l'abstention.

Malgré cela ces manifestations restent un lieu d'échange et d'information et je m'attarderais sur deux feuillets diffusés sur la situation du mouvement social en Egypte. Et d'abord pour avoir ici constaté le manque d'informations sur le mouvement social, les "aspirations démocratiques" des peuples arabes servant à voiler ce que nous découvrons ici, des revendications semblables aux nôtres et la nécessité de faire front face à un même adversaire organisé autour du FMI !

Mais avant tout il ressort des expériences du Maghreb que les vieilles organisations, enfermées dans des logiques de négociation et d'adaptation anciennes avec les compromissions que l'on devine, et même si elles ont pu être un passage obligé pour construire les solidarités, ne sont plus à même d'organiser les nouvelles luttes.

Aussi n'est il pas surprenant non plus de voir (RFI) que le nouveau pouvoir egyptien a pris de nouvelles lois pour criminaliser les grêves sauvages car de partout on voit se dresser de nouvelles armes répressives, de nouvelles limitations aux libertés et aux droits qui à contrario des peurs de la bourgeoisie sont pour nous une invitation à prendre conscience de la force de notre nombre. 

 

1° Mai des travailleurs place Tahrir au Caire.

La Révolution continue pour la JUSTICE SOCIALE.

 

... En Egypte, la nouvelle fédération des syndicats indépendants voit affluer les adhésions de nouvelles associations ouvrières, paysannes, étudiantes ou professionnelles - après les cheminots, les journalistes aussi s'y mettent - dans la foulée de la Révolution du 25 Janvier. Elle appelle au Caire à se rassembler le 1° Mai place Tahrir pour renouer avec l'extraordinaire jonction entre la jeunesse, les femmes, les classes moyennes brimées et les classes laborieuses, qui ont fait chuter Moubarak ...

Le patron du syndicalisme corrompu est en prison

Vive les syndicats indépendants,

les organisations politiques ouvrières et les comités populaires !

.. Quoi qu'il en soit, tous adhèrent aux revendications avancées par les syndicats indépendants, à la fois sur le plan politique et démocratique et sur le plan social : salaire minimum garanti, fin de la précarité des statuts des travailleurs, droit à la sécurité sociale, à des indemnisations chômage et à des retraites décentes, à un logement, à la santé et à une éducation de qualité ..

Ils se reconnaissent aussi dans les luttes ouvrières et paysannes qui, de plus en plus, remettent en cause la privatisation calamiteuse des services publics et du potentiel agricole ou industriel du pays, passant par la vente souvent illégale de terres, de machines ou d'usines à des repreneurs privés, égyptiens ou étrangers.

Une politique économique menée sous l'injonction du FMI, directement complice de la formation de cette classe d'affairistes lié au capitalisme financier globalisé représentée par le clan Moubarak et surtout son fils Gamal, dont la partie visible de l'iceberg est aujourd'hui jetée en prison.

Des paysans ont occupé des terres convoitées par de riches acquéreurs notamment saoudiens et quataris, et la redistribution des terres est à l'ordre du jour.

Les travailleurs d'une usine textile à Assiut ont mi-avril fait barrage à l'arrivée de son nouvel acquéreur, un consortium de banques privées de mèche avec l'ancien premier ministre Ahmed Nazif, lui aussi depuis peu sous les verrous.

A Shobra El Kom, les ouvriers du textile en grêve contre Indorama, un repreneur Indonésien, ont d'abord refusé les plans de licenciements, les réaménagements de nouveaux horaires de travail imposés et des conditions de travail quasi "esclavagistes", puis porté devant la justice leur demande de renationalisation. Un test qui aura valeur de symbole pour quelque 230 entreprises privatisées dont les employés réclament la renationalisation. Parmi ces entreprises, on trouve la fameuse chaîne de magasins Omar Effendi.

... Messieurs Essam Sharaf, premier ministre, Ahmed Hassan El Bouray, ministre du travail et des migrants -ancien expert de l'OIT- Emad Badreddine Abou Ghazi, ministre de la culture, vous avez été nommés avec l'approbation et le soutien de la révolution et des syndicalistes indépendants. Alors si vous êtes toujours des nôtres, on vous dit : "C'est maintenant ou jamais !".

Pour nous, la Révolution continue !

Egypte Solidarité.org 

 

RFI (extraits) "En Tunisie et en Egypte, ce 1er mai 2011 a revêtu une valeur symbolique puisqu’il s’agissait de la première fête du Travail libre, après la chute des régimes de Ben Ali et d’Hosni Moubarak. Mais si les révolutions dans ces deux pays ont permis la création de syndicats indépendants, d’énormes progrès restent encore à faire.

« Travailleurs, vous préparez le pain mais vous vivez avec les miettes ! », ont scandé les centaines de manifestants défilant sur l’avenue Habib Bourguiba, l’artère principale de Tunis. Sur les banderoles brandies par la foule, des slogans appelaient au départ du gouvernement de transition. Car malgré la chute du président Ben Ali le 14 janvier dernier, l’ambiance en Tunisie n’est toujours pas à l’apaisement et les syndicats font entendre leurs revendications. ...

En Egypte aussi les syndicalistes ont fait entendre leur voix. Entre 1 000 et 2 000 personnes étaient ainsi rassemblées sur l’emblématique place Tahrir au Caire pour réclamer un salaire minimum de 1 500 livres égyptiennes (environ 170 euros) et de meilleures conditions de travail.

Car depuis la chute de Hosni Moubarak le 11 février dernier, une quarantaine de syndicats indépendants se sont créés. Mais si le droit de grève et de manifestation est désormais autorisé, il est très étroitement encadré. « Le gouvernement a dit dès le début qu’il ne fallait pas avoir des grèves et des manifestations qui n’étaient pas autorisés, rapporte Heba Morayef, de l’ONG Human Rights Watch au Caire. Le Premier ministre et le ministre de la Justice ont même passé une nouvelle loi qui criminalise les grèves qui ne sont pas autorisées ».

Depuis la chute d’Hosni Moubarak, les manifestations politiques de la place Tahrir ont laissé la place à d’importantes mobilisations sur les salaires, preuve qu’en Egypte aussi l'apaisement social n'est encore pas gagné." 1°Mai 2011

 

  Syndicalisme et mouvement social en Tunisie (Printemps Arabe)

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