Reveil du mouvement syndical en Amerique du Nord - Wisconsin.

Publié le par Mae Bat

TENDANCES. 

"Peu après son entrée en fonction début janvier, le nouveau gouverneur républicain du Wisconsin, Scott Walker, a évoqué la crise budgétaire que traverse son État pour justifier un projet de loi révoquant le droit des syndicats du service public (en particulier ceux des enseignants) de participer aux négociations collectives. La semaine dernière, leur colère a éclaté : au moins 70 000 personnes ont convergé sur Madison, la ville capitale, pour protester contre cet assaut contre les droits et les acquis des salariés. La législature de l’État [State Legislature- l’Assemblée legislative de l’Etat] est occupée par la foule. C’est la plus importante manifestation à Madison depuis la Guerre du Vietnam. Pour les soutenir, les élus démocrates de la législature de l’État s’enfuient et se cachent, ôtant temporairement à la majorité républicaine le quorum nécessaire à l’adoption des lois. Les membres du Tea Partyorganisent une contre-manifestation en soutien au gouverneur. Mais pour la première fois depuis plus d’un an, les fantassins de l’antiétatisme sont sur la défensive. Madison, ou la renaissance du syndicalisme américain ?"

Michael C. Behrent (Blog Alternatives Internationales) extrait.

Les grands médias se seront montré bien discret et aucune menace d'intervention militaire n'est venue troubler la détermination du gouverneur du Wisconsin. Pour autant l'information aura été diffusée d'un espoir de renouveau du mouvement syndical aux Etats Unis. La mobilisation des classes moyennes salariées aura été exemplaire jusqu'à conduire à l'occupation du Capitole entrainant aussi bien les agriculteurs que les étudiants et suscitant des soutiens à travers le pays ou encore des syndicats Canadiens.

Jusqu'à la trivialité des propos tenus par cette manifestante, mis ici en encart, qui ne nous confirme la similitude de nos situations. 

Bien évidement on peut souhaiter que le phénomène de contagion observé dans les pays arabes (Tunisie, Egypte, Libye) et qui est présent dans tous les esprits, y compris en Amérique donc -photo-, s'observe également ici car le débat sur l'existence d'un système de sécurité sociale (réforme Obama) donne une idée de l'ampleur des combats à mener, ou encore les mésaventures des "Molex" du type de capitalistes à devoir affronter.

A la vérité les exemples de luttes syndicales ne manquent pas aux Etats Unis, information brouillée tant par les médias que les images résiduelles des séries télévisées offrant une représentation trompeuse du pays.

Il n'en demeure pas moins que dans le cas présent ce sont les mêmes politiques néo-libérales (équilibre budgétaire et réduction des déficits publics) qui portent atteintes aux mêmes intérêts ("classes moyennes inférieures"). Le "supplément d'âme" consiste de plus ici à porter atteinte au droit syndical de la négociation collective ce que je relevais déjà à propos du nouvel accord de la Fiat Turin.


1981 - Grêve des Aiguilleurs du ciel

 

Aux États-Unis, le corps des contrôleurs aérien est célèbre pour la grève qui l'a opposé au président américain Ronald Reagan en août 1981. Après deux jours de grève, le président Reagan a mis ses menaces à exécution et a licencié plus de 6000 des 13 000 contrôleurs.

 

2002 - Grêve des Dockers (LIRE)   

USA: Bush utilise une loi anti-grève dans le conflit des dockers

Les 10.500 dockers de la côte Ouest des Etats-Unis mènent une lutte exemplaire contre Bush et les patrons du port. Ils combattent à la fois les plans de guerre dans le monde et la «guerre intérieure» du président contre la population américaine. Le gouvernement a sorti la loi Taft-Hartley pour mettre fin au lock-out des patrons du port. L'utilisation de cette loi, pour la première fois depuis 25 ans, comporte de graves dangers pour le monde du travail, nous a expliqué la syndicaliste américaine Gloria La Riva.

 .. Mais ce samedi 12 mars 2011, la bataille législative provisoirement perdue, ils sont pourtant encore plus nombreux sur la place. Le projet de loi budgétaire accablait les fonctionnaires tout en cherchant à les diviser, car il épargnait les forces de l’ordre et les pompiers, jugés trop populaires, et bien sûr utiles en cas de contestation trop vigoureuse. Mauvais calcul : « Les flics avec les syndicats et les travailleurs », comme le clament leurs pancartes, ont bien compris la manœuvre et se sont joints aux manifestants. La veille, au son des cornemuses, les pompiers se sont regroupés au coin de la place du Capitole, devant le siège de la banque M&I (Marshall & Ilsley), qui a grassement financé la campagne du candidat Walker. Puis ils sont entrés, et ont tranquillement retiré l’argent de leurs comptes. D’autres les ont imités : 192 000 dollars ont quitté les coffres ; les bureaux ont été fermés précipitamment. Cette banque gère leurs fonds de pensions et leurs économies, mais elle a, dit-on, un couloir souterrain qui la relie directement au bureau du gouverneur, au Capitole. Samedi, donc, le combat n’est pas fini. La loi a peut-être été signée, mais, plus nombreux que jamais, ils sont tous là : élèves, étudiants, enseignants, infirmières, pompiers, agents de police, employés municipaux et même des agriculteurs venus en renfort sur leurs tracteurs – certains flambant neufs, certains magnifiques pièces de collection – qui font le tour de la grande place.

[...]

Ils avaient déjà reçu la visite solidaire de Michael Moore, pour qui ce soulèvement des forces vives du travail est un moment exaltant. Dans son discours, « America Is Not Broke ! » (« Non, l’Amérique n’est pas fauchée ! »), il qualifie la situation de « lutte des classes », et déclenche une liesse d’autant plus grande que les médias « de référence » ont une fâcheuse tendance à taire ce qui se passe. Aujourd’hui, le 13 mars, ce sont les médias alternatifs qui ont organisé les choses. À la tribune, Matthew Rothschild, rédacteur en chef du magazine The Progressive, fondé en 1909 à Madison : l’héritage des luttes sociales est très fort ici, une longue et fière histoire d’opposition aux pouvoirs, surtout à celui des grandes compagnies, de l’argent insolent. Ils sont légion, ceux qui ont participé à ces quatre semaines de lutte parce que leurs parents et leurs grands-parents se sont battus pour ces mêmes droits dont on veut les dépouiller plus encore que de leur argent. Une jeune fille porte une photo de son grand-père syndicaliste au revers de sa veste : « Il aurait voulu voir ça ! Sa place est ici… » (...) Marianne2 H. Lemarre 17/03/11

wisconsin.jpg «Je pense que ça touche tous les syndiqués, avance Mme Banicki. Vous voyez, ici, il y a des syndiqués qui travaillent dans le secteur privé, dans l'acier. Ça va affecter tout le monde. Si nous sommes touchés, ça va aussi toucher le propriétaire du petit magasin, le propriétaire de la station-service, ça va toucher tout le monde. Si nous n'avons plus d'argent à dépenser, eux non plus n'auront plus d'argent à dépenser.»

 

Des syndicats canadiens se joignent aux manifestations de Madison, Wisconsin.

MADISON, WI, le 26 févr. /CNW Telbec/ - Des représentants de trios syndicats canadiens sont à Madison, Wisconsin cette fin de semaine aux côtés de milliers de travailleurs du secteur publics et de citoyens réunis en opposition du projet de loi budgétaire du Gouverneur Walker visant à éliminer le syndicat des employés de l'État.

Des enseignants, des pompiers, des métallos, des employés du secteur public, des étudiants universitaires, des leaders religieux et des anciens combattants se sont succédés par milliers dans la capitale de l'État au cours des dix derniers jours. Plus de 1 000 étudiants ont occupé l'édifice du Capitole, dormant dans les bureaux des sénateurs et assurant une occupation de tous les instants. Aujourd'hui, plus de 100 000 personnes envahiront les rues de Madison pour exiger de Walker qu'il retire les sections du projet de loi budgétaire qui empêcherait les employés du secteur public de négocier collectivement.

« Le projet de loi de Walker représente une attaque directe contre les droits des travailleurs », affirme John Gordon, président de l'Alliance de la fonction publique du Canada, qui compte 180 000 membres. « Les employés du secteur public ne devraient pas subir les frais de la crise financière dont ils ne sont pas responsables. Nous sommes ici pour dire que les travailleurs canadiens observent ce qui se passe. Nous n'accepterons pas ce genre de traitement au Canada ou ailleurs dans le monde ».

« Il s'agit de l'un des moments les plus inspirants dont j'ai été témoin depuis que je suis impliqué dans le mouvement syndical », affirme Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP). « Voir 100 000 personnes se réunir pour défendre le droit des travailleurs du secteur public de négocier de manière collective contre un gouvernement si désireux d'éliminer le syndicat est une expérience unique que nous chérirons lors de notre retour au Canada".

Les chefs syndicaux du Wisconsin ont été clairs dans leur intention de faire des compromis et d'accepter des concessions compte tenu du difficile climat budgétaire. Leurs seules demandes sont que les compressions prévues pour Medicaid ainsi que les restrictions de leurs droits à la négociation collective soient retirées du projet de loi budgétaire.

Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique représentant 605 000 membres, a dénoncé l'attaque du Gouverneur Walker à l'endroit des employés du secteur public du Wisconsin.

« Utiliser la récession actuelle et une majorité républicaine à l'assemblée législative et au Sénat pour éliminer les droits fondamentaux d'employés dévoués du secteur public est totalement injustifié », a écrit Moist dans une récente lettre envoyée à Walker.

Plus de 500 000 personnes ont manifesté à Madison au cours des dix derniers jours au cours manifestions quotidiennes et un rassemblement regroupant 100 000 personnes se déroule ce samedi.

Le SCFP, l'AFPC et le SCEP représentent collectivement plus de 900 000 employés dont 750 000 sont employés par le secteur public." CNW 26/02/10

   

Publié dans Tendances Amérique

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