Nescafé - Le coût "colonial" du "petit noir" en Indonésie (répression syndicale)

Publié le par Mae Bat

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A l'évidence la situation en Indonésie recouvre de multiples facettes, le génocide qui se prépare contre le peuple de Papouasie(a) , situation comparable "au traitement" des peuples autochtones de la forêt brésilienne, les conflits inter-religieux qui voient dans les quartiers pauvres des mégapoles les musulmans radicaux mobiliser des foules contre leurs semblables, chrétiens ou bouddhistes ou encore des conflits du travail plus "traditionnels" comme celui opposant à Panjang une multinationale, Nestlé, et la fédération mondiale des salariés du commerce alimentaire (UITA).

Evidement quand je dis conflits plus "traditionnels" - je pense ici au conflit mené chez IKEA aux Etats-Unis(b) pour la reconnaissance des droits syndicaux ou encore à la lutte des Fralib contre ce même groupe NESTLE. Ce que nous constatons alors c'est une stratégie mondiale des grandes multinationales sur l'ensemble des continents et une résistance qui demande encore à se renforcer.

Si IKEA comme NESTLE nous accablent de publicités bienveillantes, les consommateurs que nous sommes devraient se montrer plus vigilants sur le choix des produits, plus sensibles aux campagnes de boycott de certaines productions que les motifs en soient écologiques ou syndicaux. Même si ces campagnes, pour des raisons juridiques, sont menées "discrètement" chez nous. 


 

(a) Article en préparation, publication ces prochains jours.

(b) Conflit chez IKEA. Syndicalisme et dette américaine - AFL.CIO   

 
Premiers conflits, premières négociations à Panjang. 
"Un règlement a été convenu ce qui porte les droits de reconnaissance et de négociation pour le SBNIP affiliée à l'UITA à l'usine Nescafé de Panjang, en Indonésie.
L'accord, qui a été paraphé et signé par l'UITA et la direction de Nestlé puis les représentants locaux prépare le terrain pour la négociation d'un accord collectif et salarial, possibilité d'un accord que la direction de Nestlé avait été fermement rejeté pendant des années.
Au cours de leurs trois ans de lutte pour les droits de négociation et la reconnaissance syndicale, le SBNIP a résisté au harcèlement et à la pression systématique sur les dirigeants et les adhérents. Ils ont reçu le soutien de nombreux syndicats affiliés à l'UITA à travers le monde grâce à la campagne Nespressio. MARS 2011"
 
NESTLE-NESCAFE : LICENCIEMENTS MASSIFS DE TRAVAILLEURS SYNDIQUES ! 

La direction de l'usine Nescafé de Panjang a licencié 53 des 87 membres de notre syndicat (SBNIP) en leur remettant des "lettres de démission"!
Après que le syndicat ait appelé à la grève à l'appui de la négociation collective. La grève ayant été le résultat prévisible de cinq années de profonde frustration.
Les négociations ont été difficiles, et finalement abouties à une impasse lorsque le syndicat a remis en question la pratique des salaires inégaux dans les nombreuses catégories d'emplois, un écart qui, selon le syndicat, omet de se conformer aux réglementations gouvernementales. Avec les négociations dans l'impasse, le syndicat a déposé la notification de grève en conformité avec les exigences légales, et les membres SBNIP - représentant la majorité des travailleurs syndiqués de l'usine - ont cessé de travailler le 21 Septembre, et ont occupé pacifiquement l'usine afin de s'assurer qu'aucun produit ne quitterait l'usine.
La société NESTLE a répondu en dénonçant la grève comme illégale et ordonnant aux salariés de retourner au travail. Pendant la grève des travailleurs ont reçu des appels téléphoniques et deux lettres - lettres que Nestlé présente maintenant comme étant des citations en justice.

Preuve d'une stratégie d'escalade de la tension du groupe NESTLE, alors que les travailleurs avaient quitté les locaux d'usine le 26 Septembre comme signe de bonne foi en prévision de la reprise des négociations prévue pour le lendemain, la direction de Nestlé n'est pas venue pour la réunion prévue.
Après cette rebuffade provocatrice, la grève a repris le 28 Septembre.
La grève a attiré l'attention des médias et une délégation du parlement provincial venu à Panjang le 3 Octobre a demandé à rencontrer les membres du syndicat dans l'usine. La direction de Nestlé a rejeté cette demande.

Dans la matinée du 5 Octobre, le ministère du Travail a appelé le SBNIP et la direction de Nestlé à la médiation, mais la direction a envoyé des représentants junior qui n'ont pas été autorisés à prendre des décisions dans le processus de médiation.
Durant cette médiation, le syndicat a accepté de mettre fin à la grève et un mémorandum préparé et attesté par le Département du travail a été signé par le président du syndicat, Eko Sumaryono et le représentant de la direction de Nestlé. Significativement la référence le document ne fait aucune référence à la grève comme étant «illégale».
Il avait été convenu de se rencontrer le lendemain matin, 6 Octobre, pour discuter enfin la signature de la convention collective. Mais le 5 Octobre à 22 heures, la direction de Nestlé a lancé le licenciement massif des travailleurs syndiqués.
Lorsque la grève a pris fin comme convenu le 5 Octobre, .. Mais quand les membres du syndicat sont arrivés pour le troisième quart à 22 heures, ils ont été confrontés par un cordon de gardes de sécurité aux portes des usines, avec la police anti-émeute en attente à l'intérieur du terrain de l'usine. Les gardes de sécurité ont appelé les noms des membres du syndicat et leur ont remis leur "lettre de démission".

Pour manifester leur refus d'accepter ces "démissions" forcées et exprimer leur détermination à être réintégrés, les membres du syndicat licenciés injustement ont refusé l'indemnité de départ qui avait été automatiquement viré à leurs comptes bancaires. Le 7 Octobre, quand les représentants syndicaux et la direction ont été convoqués à une réunion de la commission locale parlementaire, les représentants syndicaux remis l'argent des indmnités à la direction de Nestlé - laissée sans voix.
La grève a été Panjang une réponse compréhensible à des années de lutte pour le droit de former un syndicat indépendant et de s'engager dans une négociation collective significative avec l'une des sociétés les plus puissantes au monde. La gestion locale de la société a délibérément alimenté la frustration accumulée des classes dirigeantes qu'il est tentant d'exploiter dans le but de saper des années de lutte dans un pays où les travailleurs sont toujours privés de leurs droits fondamentaux.

 

UITA 24 Octobre 2011.

 
SOURCES : WORKING INDONESIA (anglophone) UITA (anglophone)
NB. Sans doute nos modestes moyens ne nous permettront pas de témoigner ici de notre solidarité avec tous les compagnons qui de part le monde luttent pour les droits syndicaux ou seulement pour les droits naturels de leur communauté autochtone, qu'ils soient de Papouasie, du Tibet, du Brésil. Les luttes mises en avant ici témoignent pour toutes les autres du véritable visage de la barbarie libérale.  
 INDONESIE Luttes syndicales et lutte anti-coloniale en Papouasie (contre l'occupation indonésienne)

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