Les Cahiers de Mai et la révolte des OS (Pennaroya, ..).

Publié le par Mae Bat

Pennaroya, le Joint Français, Renault Billancourt, quelques noms d'entreprises et de conflits autour desquels vont s'articuler la révolte des OS et il me semble que de témoignage reconnu de ces vies en entreprise, du croisement d'avec une génération d'universitaire, il nous reste le livre d'un "mao", Robert Linhart "l'établi" (Ed de Minuit).

L'expérience des "Cahiers de Mai" reste moins connue pour cause d'hétérodoxie de son équipe, d'absence de filiation revendiquée, elle peut encore être rapprochée du travail mené par ICO (Information et correspondance ouvrière) par certains aspects, sans doute pas par l'effondrement dans l'activisme.

Mais c'est bien dans ce qui rapproche ces deux expériences que l'on peut aujourd'hui trouver un intérêt à ces histoires militantes, comment peut s'articuler l'intervention militante avec une démarche respectueuse de l'autonomie ouvrière.

 

L'article de Gérard Vindt dans le mensuel "Alternatives Economiques" permet de mieux comprendre encore l'actualité des combats de l'époque en terme de questions sociales. Les politiques d'immigration conduites par le patronat ont un rôle essentiel dans la constitution de cette catégorie d'OS après qu'ait été absorbé le mouvement de population consécutif à l'exode des campagnes. Ce choix de l'immigration jouera contre les salaires mais aussi contre la santé des travailleurs (la question de l'exposition au plomb à la Pennaroya) et plus encore en faisant prévaloir le choix du travail éclaté contre les qualifications requises par l'emploi professionnel, elle conduira enfin à la perte de compétitivité et à la désindustrialisation. Mais l'intérêt de l'article est de relever encore - et donc en perspective des luttes à mener - à travers les évolutions du management taylorien (zéro stock ..), les évolutions des outils de production, le lien entre les victimes du "travail éclaté", les OS, et les modernes opérateurs dont l'illusoire autonomie, et d'abord à l'égard du travail d'équipe, est cause des suicides constatés à Orange, Renault, .. M.B.  

 
"... Les Cahiers de mai qui nais­sent jus­te­ment pen­dant le mou­ve­ment [de Mai 1968], vont déve­lop­per une pra­ti­que par­ti­cu­lière basée sur l’enquête ouvrière. Elle se dis­tin­gue de celle entre­prise de l’autre côté des Alpes avec les Quaderni Rossi, par le fait que l’enquête est menée direc­te­ment à partir du mou­ve­ment social lui-même et non à partir d’une ana­lyse des trans­for­ma­tions du capi­tal. « Le rôle poli­ti­que de l’enquête », arti­cle publié en juillet 1970 dans le n°22, pro­pose une ana­lyse de la concep­tion des Cahiers de Mai. Elle se défi­nit en oppo­si­tion avec l’enquête de la socio­lo­gie indus­trielle qui est en plein déve­lop­pe­ment. Il s’agit de placer l’enquête sous la direc­tion ou au moins le contrôle des tra­vailleurs. L’enquête sert à faire res­sor­tir l’expé­rience ouvrière tout en fai­sant appa­raî­tre les idées nou­vel­les.

Elle joue le rôle poli­ti­que de la refor­ma­tion de la classe ouvrière et œuvre à la réa­li­sa­tion de l’unité de la classe. Cette unité est lente à se faire et Les Cahiers de Mai auront ten­dance à encou­ra­ger des regrou­pe­ments par sec­teurs qui don­ne­ront lieu à des grou­pes et jour­naux comme Action-Cheminot et Action-PTT. Il s’agit aussi, même si c’est plus impli­cite, de faire un bilan des luttes et des trans­for­ma­tions du capi­tal. A la « com­mu­ni­ca­tion ver­ti­cale » des syn­di­cats qui laisse peu d’auto­no­mie à la base, Les Cahiers de Mai oppo­sent une liai­son hori­zon­tale, à la base comme ils ten­te­ront de la mettre en place, par exem­ple, pen­dant les grèves d’OS à Berliet Lyon avec la rédac­tion d’un texte par les tra­vailleurs des ate­liers en grève et au cours de la grève de Pennaroya de 1972, entre les dif­fé­ren­tes usines du groupe, toutes plus ou moins en grève ...

La pra­ti­que de l’enquête ne va pas de soi et les débats sont vifs, au sein même du groupe, entre ceux, majo­ri­tai­res, qui voient dans l’enquête la base même de la dyna­mi­que, à condi­tion que l’enquête soit réus­sie évidemment, c’est-à-dire que son uti­li­sa­tion dans l’usine fasse bouger les choses et ceux, mino­ri­tai­res, qui par­lent en termes de for­ma­tion poli­ti­que qui seule pourra per­met­tre aux ouvriers les plus com­ba­tifs de résis­ter et aux pres­sions patro­na­les et aux récu­pé­ra­tions syn­di­ca­les ou gau­chis­tes. En fait, la revue mène une sévère cri­ti­que contre la théo­rie de l’avant-garde et de la cons­cience de classe impor­tée de l’exté­rieur. Les grou­pes exté­rieurs sont cri­ti­qués parce qu’ils cher­chent à appor­ter une dimen­sion poli­ti­que qui n’exis­te­rait pas dans la lutte elle-même. (LIRE)

 

REBELLYON - Bilan critique de l'activité des "Cahiers de Mai" (14 Juin 2011)

 

Echanges et Mouvements (ex. ICO) sur Mondialisme.org

 

Alternatives économiques - "1971 1973 La révolte des OS" (Juin 2011 n°303)

Publié dans Mouvements sociaux

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