Italie - La mondialisation heureuse ou l'étrange alliance du patronat et des confédérations syndicales.

Publié le par Mae Bat

La crise(s) comme instrument de la lutte des classes.

Nous n'abuserons pas ici de science économique tant il est vrai que le chemin ou nous ont conduit les "experts" de ce domaine nous oblige à constater qu'il n'y avait là qu'illusions et travail d'illusionnistes; laissons donc là les charlatans et revenons à la politique, à la vie de la Cité.

La vie politique et sociale en Italie éclaire ce chemin obscure que l'on dénomme "la crise" et qui après "la crise" suscitée par la spéculation sur la bulle internet, puis sur la bulle immobilière aurait pour nouvelle origine la spéculation sur la dette des États. Avec toujours la spéculation financière comme fil conducteur.

Une constante de la politique libérale, déjà perceptible chez nous sous le gouvernement de Lionel Jospin, est le désengagement de l'Etat(a) comme stratège politique de la vie économique et sociale, et ce désengagement peut être repéré à travers deux indicateurs, et d'abord les privatisations (Grèce, Italie, GB, ..) des secteurs sensibles de l'économie et donc hautement spéculatifs (Matières premières, énergie, transports, ..) aussi bien que des services publics (santé, éducation, ..) qui tous ont à voir avec la reproduction des classes sociales au plan physique ou intellectuel.

L'autre indicateur tient au désengagement citoyen des classes dominantes, payer moins d'impôt - qu'il soit là question d'impôt des particuliers ou des entreprises du CAC40, d'impôt à proprement parlé ou de dégrèvement de charges sociales, etc.. Nous retrouvons à l'Ump ou au Tea-Party les mêmes argumentaires qui contribuent à rendre les États insolvables. Ici l'on doit encore constater que parmi les plus fortunés défenseurs du désengagement se retrouvent les spéculateurs actifs sur la dette des États comme façon complémentaire d'engranger les impôts et autres contributions des classes moyennes. Jamais ni l'Etat, ni les gouvernements qui se succèdent n'auront mieux mérité que d'être considérés comme les Conseils d'administration du capitalisme. 

On peut ainsi comprendre que la classe dirigeante éprouve parfois un si vif sentiment d'insécurité.  


(a) Désengagement auquel il convient d'ajouter l'abandon de compétence au profit des hauts fonctionnaires de l'Union européenne ou la Banque centrale européenne, ..

Une nuit du 4 Août à l'italienne. 

En définitive, critiquer Berlusconi, comme en France s'en contente le "Parti de Gauche", ou s'inquiéter ensuite de savoir où il prend ses ordres, comme la CGIL à propos de la lettre adressée à Berlusconi par les directeurs de la Banque centrale européenne s'est rester à la surface des choses, car la politique italienne ne diffère en rien de celle conduite en Grèce ou en Espagne par des gouvernements socialistes et pour ce dernier avec le soutien tacite des fonctionnaires syndicaux (en est il autrement en France ?) la mise en oeuvre de la politique voulue par l'oligarchie européenne et nationale et inscrite dans la Constitution de l'Union européenne, renforcer l'exploitation capitaliste.

Non, ce qui rend la politique italienne exemplaire, c'est la théatralisation d'évènements que chez nous on cacherait pudiquement, l'étrange alliance du capitalisme et des syndicats - théatralisation, cette date encore qui pour nous Français était la date anniversaire de l'abolition des privilèges féodaux et en Italie (et pour nous tous européens) symbolisera désormais la constitutionnalisation des privilèges de l'oligarchie financière.

Car sur le fond, si toujours nous nous référons toujours au même vieux philosophe pour combattre ce même vieux capitalisme, il n'y a dans "l'étrange alliance" rien de guère surprenant, le syndicalisme de réforme ne peut vivre sans le capitalisme, la survie de celui-ci est donc actée, mais n'est ce pas là une dernière cartouche ? un tir prématuré de nos ennemis italiens ?

Pour autant nous n'en sommes pas encore quitte avec le passé. Nous voyons ici l'USB, le PAME en Grèce organiser la contestation, avec en arrière plan le spectre de la FSM. Et nos craintes que rejaillissent les vieux démons, les démons des quelques dernières dictatures "socialistes", les démons représentés par quelques vieilles idéologies.

Car "la crise" des spéculations est aussi celle des idéologies, et c'est de cela dont nous voudrions témoigner à "Autogestion" et heureusement avec d'autres.

"Une coalition contre-nature"   -  Union Syndicale de Base

USB-Logo.png"La rencontre d'aujourd'hui entre le gouvernement et la coalition contre-nature CGIL, CISL et UIL, la Confindustria (patronat) et les banques, apporte une autre brique dans la conception d'un nouveau modèle, cette fois "pas seulement" des relations industrielles, mais aussi politique et institutionnel où l'économie et la politique, de centre-droit ou centre-gauche, doit être guidé par la logique et contraintes dictées par les marchés et les financements nationaux et internationaux.

Indépendamment des phrases et des demandes - qui deviennent des rituels - sur les investissements, l'évasion fiscale et le coût de la politique, la proposition que "l'étrange alliance" a soumise au gouvernement parle de nouveaux sacrifices, d'augmenter la productivité, des réductions de l'Etat-providence; anticipe des licenciements, et des licenciements encore, même dans l'administration publique ; demande des cessions d'actifs publics, y compris des de sociétés immobilières et de services placés sous l'autorité des collectivités territoriales. 

En ce qui concerne le marché du travail, l'engagement maintenu à «moderniser» les relations industrielles, à savoir, la ligne tracée par le patronat et la CGIL, CISL et UIL, de compresser les droits et les salaires des travailleurs. Le gouvernement, évidemment, a remercié et fait écho par une autre proposition, amender la constitution pour insérer la soi-disant «liberté économique», en réduisant le droit des travailleurs au profit des intérêts de l'entreprise. Dans ce modèle, il n'y a pas de place pour la dissidence, et encore moins pour les conflits sociaux. 

Mais ils sont dans le faux et ils le réaliseront dans les prochains mois ; Tant de travailleurs, les travailleurs temporaires, les chômeurs et les retraités, fatigués de payer et de faire des sacrifices, vont commencer à descendre dans la rue de manière toujours plus importante et ils exigeront un changement radical de politique gouvernementale et syndicale. L'USB sera avec eux dans toutes les villes italiennes, dans toutes les mobilisations et dans tous les moments du conflit social qui va ouvrir dans les prochains mois."

Rome, 4 Aout 2011 

    FIAT Italie - Un accord d'entreprise, Janvier 2011.

Publié dans Tendances Europe

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