Espagne - Le mouvement social né à la Puerta del Sol inquiete (Les Echos)

Publié le par Mae Bat

TENDANCE.
« Sans maison, sans boulot, sans retraite mais sans peur »

Après les communistes libertaires de l'OCL, c'est au quotidien économique Les Echos que nous devons l'expression d'un intérêt, teinté d'inquiétude, pour le mouvement social qui traverse l'Espagne. C'est bien sûr l'expression de la remise en cause des pouvoirs établis (classe politique, institutions, ..) plus que la critique attendue de l'économie et des politiques sociales qui fait craindre le pire, ici une révolution ?

Le sentiment déjà que le mouvement social essaye de se défaire des vieux vêtements, des anciennes peaux qui le contraignaient jusque là, accordant toute sa place aux débats d'idées, et c'est bien là que nous pouvons déceler les prémisses d'autre chose qui pourrait aussi bien être une révolution. Car en face s'étale la crise morale que connait le FMI, cet infatigable cuisinier de l'austérité et des profits financiers et les hésitations d'un pouvoir sans projet pour l'avenir.

Mais peut être celà ne sera-t-il qu'une première étincelle

 

"Désormais « illégaux » mais déterminés à faire entendre leur ras-le-bol de la crise et du chômage, des centaines de jeunes restaient mobilisés samedi dans le campement alternatif de la Puerta del Sol à Madrid, en dépit de la trêve électorale qui interdit les manifestations.

Samedi matin, un millier de manifestants occupaient toujours le « village » de tentes et de bâches en plastique bleu. La foule, beaucoup plus nombreuse que les jours précédents, n'avait commencé à se clairsemer qu'en fin de nuit. Des milliers de jeunes étaient alors restés sur la grande place, veillant assis en cercle, discutant, jouant de la musique, dormant sous les tentes ou à la belle étoile. L'agence Efe, se basant sur le comptage d'une société spécialisée, avançait le chiffre de 19.000 manifestants vendredi soir à la Puerta del Sol et dans les rues alentour, toutes bondées. D'autres médias estiment leur nombre à 25.000 à Madrid et 60.000 dans toute l'Espagne.

... A quelques pas des tentes qui offrent abris, nourriture et boissons, des cercles de réflexion se forment. Un modérateur organise le tour de parole et chacun apporte, dans un microphone, sa contribution au débat. Une étudiante qui cumule les diplômes sans trouver de travail, une trentenaire avec un sac luxueux sous le bras ou encore un chômeur de longue durée : tous dénoncent le système actuel, les hommes politiques « corrompus » et dans lesquels ils ne se retrouvent pas, la crise économique qui les prive d'un « travail et d'un salaire décents ». « Je me sens mieux représenté par chacun d'entre vous que par le Parlement, bien que je ne questionne pas sa légitimité », explique l'un d'entre eux.

... Ce caractère indéfinissable met le gouvernement et les partis politiques extrêmement mal à l'aise. Alors que la Commission électorale a interdit les manifestations demain, au motif qu'elles sont « contraires à la législation électorale », José Luis Zapatero s'est dit « compréhensif » envers ce mouvement. Son bras droit, le ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba, semblait ne pas savoir quoi répondre aux journalistes lors de la conférence post-Conseil des ministres ce vendredi. « Ce que nous allons faire c'est appliquer la loi pour garantir les droits et la liberté de l'ensemble des citoyens, et pour cela la police a trois principes : opportunité, cohérence et proportionnalité », a-t-il éludé." J.Berthereau Les Echos 21/05/11

   

Publié dans Tendances Europe

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