Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 17:20

Je m'attarderais sur le premier des entretiens réunis ici, "Le projet d'autonomie n'est pas une utopie", car sa lecture a sans doute levé mes dernières hésitations à lancer ce blog - quand au fond c'est la persistance d'un fort mouvement social en Europe et à ses frontières aussi bien que l'apparente absence de propositions alternatives qui ont  motivé ce projet. Car il me faut bien partager ces quelques mots de Castoriadis, "La modernité a duré deux siècles environ, de 1750 à 1950. Après, on est entré dans ce que j'appelle l'époque du conformisme généralisé." 

La présentation du projet d'autonomie individuelle et collective tel que pensé par Castoriadis nous semble marqué au coin du bon sens : "C'est le projet d'une société où tous les citoyens ont une égale possibilité effective de participer à la législation, au gouvernement, à la juridiction et finalement à l'institution de la société." et d'insister sur le rôle des acteurs du changement dans la dynamique même de la révolution "Mais pour qu'il y ait un changement, qu'il y ait vraiment autogouvernement, il faut certes changer les institutions pour que les gens puissent participer à la direction des affaires communes ; mais il faut aussi et surtout que change l'attitude des individus à l'égard des institutions et de la chose publique, de la res publica .. Car, aujourd'hui, domination d'une oligarchie et passivité et passivité et privatisation du peuple ne sont que les deux faces de la même médaille."

Ainsi cette remarque faite voilà près de vingt ans nous semble aujourd'hui de sens commun, "On appelle faussement nos régimes démocratiques, alors que ce sont des oligarchies libérales."

Poursuivant l'analyse de cette société oligarchique il met en lumière ce qui lui permet de se perpétuer en même temps que les injustices les plus criantes, "la misère est reportée surtout sur certaines catégories - locales, ethniques, etc. - dont la force de protestation est réduite et dont la marginalisation aboutit souvent à la transgression et à la déviance, leur réaction ne prenant pas une forme collective."

L'erreur serait de nous croire confronté à un terrible constat, alors qu'il n'est question là que d'un défi.    

à suivre 
Castoriadis Une société à la dérive "Le régime a écarté de lui-même les quelques moyens de contrôle que cent cinquante ans de luttes politiques, sociales et idéologiques avaient réussi à lui imposer. [...] Les firmes transnationales, la spéculation financière et même les mafias au sens strict écument la planète, guidées uniquement par la vision àcourt terme de leurs profits." Ces jugements pouvaient sembler excessifs quand ils furent formulés il y a une quinzaine d'année par Cornélius Castoriadis. Il n'en est peut être plus de même aujourd'hui. Face à la réalité d'un monde caractérisé par la destruction des significations, la décomposition des mécanismes de direction et le retrait des populations de la sphère politique, Castoriadis a defendu inlassablement - comme on peut le voir dans un ensemble d'entretiens et de débats - le projet d'une société autonome : une société réellement démocratique qui se donne ses propres lois et où tous participent effectivement aux affaires communes." l'Editeur Janvier 2011 
Publié dans : Textes - Castoriadis
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EDITORIAL

Quand Faire ?

 

Autogestion, matériaux et débats. L'objectif est à la fois prétentieux et modeste. Prétentieux, car quelque soit la méthode employée, réforme ou révolution, les modèles de l'autogestion, coopérative de production ou grêve expropriatrice, ils tendent tous à redonner de l'autonomie au producteur, à redonner de la citoyenneté à l'économie, à transformer la société.

Modeste, car si nous ne discuterons pas ici du bien fondé des philosophies des uns ou des autres, chrétiens ou bouddhistes sociaux, communistes de conseils, proudhoniens, etc .. Pour autant nous ne récuserons, à priori, aucune des expériences d'organisation politique, d'école de pensée, conduite ici ou là, et qui peuvent être des facteurs contributifs important au développement de l'autogestion, à l'affirmation d'un choix de société.

Dans un objectif éducatif nous nous en tiendrons au commentaire ou à la présentation de textes ou documents significatifs pour la compréhension des enjeux dont est porteuse l'autogestion

Enfin, au plus près des potentialités autogestionnaires, nous nous intéresserons ici à ce qui se joue dans l'activité de travail, dans l'organisation de la production, à ce que G. Mendel désignait comme "mouvement d'appropriation de l'acte" de travail. Nous nous intéresserons a ce qui se joue dans des collectifs de travail mais encore dans les syndicats comme organisation de résistance à l'exploitation pour au final tenter de répondre à la seule question laissée sans réponse, quand faire ?

Enfin ce blog car nous espérons tisser d'autres liens et d'autres échanges que ceux contraint par notre situation géographique.  

 

Mae BAT 

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